
À la façon
d’un roman intimiste, « L’éclaireuse d’âme » nous prend par la
main et nous entraîne pour quelques heures à la rencontre de personnages
attachants. Elle nous fait sourire aussi, quelquefois pleurer d’émotion et, finalement,
exacerbe page après page notre curiosité. Pourtant, « L’éclaireuse
d’âme » ne s’en tient pas là. Celles et ceux qui l’abordent l’esprit
ouvert ne peuvent s’empêcher de faire à voix basse cette réflexion : Et si
c’était vrai ?
Alors, rien dans
notre pensée soudain libérée n’est plus pareil. L’obscur devient clarté, les voiles
se lèvent et les murs de nos prisons virtuelles retombent en poussière. Ce qui
hier encore nous rendait craintifs n’a plus de raison d’exister. Ceci pour une
raison essentielle : seul le bonheur est inscrit dans notre avenir.
« L’éclaireuse d’âme » le sait et nous en parle à chaque ligne,
dans un généreux trait de lumière.
On le
perçoit dès les premiers mots : il est question d’éveil. Telle l’aube se
levant sur l’humanité, les premiers pas de Claire, dans cette matinée de
printemps sont timides, fragiles, mais guidés par le désir d’aurore. Un désir immense
qu’elle comble en se rendant seule, à chaque fin de nuit, dans un jardin
abandonné. Là, elle goûte en toute quiétude une nourriture terrestre rare,
celle de la naissance du jour.
Cette fois pourtant,
cette nourriture prendra une saveur tout autre puisque quelqu’un l’attend près
du banc où elle s’assied habituellement. Il s’agit d’une femme, étrange,
rayonnante, sûre d’elle et semblant détenir d’incroyables vérités. Au fil des
heures qui s’écoulent, elle les révélera à Claire en répondant avec beaucoup de
tendresse, mais aussi de logique, à ses questions. Le sens de la vie, de la
mort, le pourquoi du monde, l’humanité et ses erreurs, l’amour capable de
sublimer l’Homme, tout prend dans sa bouche une signification nouvelle.
Une question
demeure toutefois : mais qui est donc cette femme qui apporte tant de lumière
à l’esprit de Claire ? Pourquoi s’intéresse t’elle à sa vie passée, à ses
moments heureux, comme à l’infinie tristesse qu’elle lit dans ses yeux ? Serait-ce
celle que nous attendons au creux de nos rêves les plus secrets ?